Le Rubicon

Alors :

Le désert comble le silence des moteurs coupés de son propre pink noise, soulève ses voiles de sable à hauteur de cuisse, crible les portières, les tissus, dessine des vagues régulière au sol, tire des longueur d’ombre dans le crépuscule d’Amon. Tout est rouge, sang, rouille, un peu psychédélique, parle de danger imminent. Nous sommes plus au Nord, quelques heures plus tard.

Monomachine peut sentir la peur des hommes jusque dans ses propres rangs : tous s’exposent à la nuit en pleine situation de crise ; la nuit d’un moment à l’autre, alors que la Phalange dans son grand ensemble fait face aux portes de Lutecia. Monomachine peut sentir face à lui le regard des sentinelles, leur nervosité à mesure que le temps passe et le jour s’achève, les appels incessant de Versailles, les yeux collés aux jumelles ; les jumelles glissées dans la fente des bunkers — La muraille ne doit pas leur sembler si sûre, à présent.

Monomachine s’avance au-devant de la muraille. Il ne fait aucun signe aux troupes : personne n’osera bouger. Pas maintenant. De leur coté, les canons pointent sur Lutecia, mais personne ne tirera. Monomachine s’avance. Un maigre peloton désigné d’office se tient au-devant de la grande porte close, tout ce béton, eux non plus n’oseront quoique ce soit. Monomachine s’avance. Nous pouvons égrener chaque seconde de ce temps […]

Oh, mais, pourquoi couper ? Pourquoi si peu ? Pourquoi se contenter d'un avant-goût, hein, pourquoi ? Abonnez-vous et recevez à la carte les fragments de ce texte !

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