Non loin des auditions du pouvoir, leur nombre étalé sur autant de générations, une poignée d’hommes tient la corde des chevaux de tête. Hommes chétifs devant la masse des chevaux de trait, les chevaux ridicules devant le volume des globes aérostatiques qu’ils tirent. Les plus petits sont aussi les donneurs d’ordres : ils trébuchent dans la vase de la Seine quand d’autres sabots enfoncent la même matière avec puissance — c’est ce qu’ils troquent en échange de la lenteur théâtrale de leur procession. Bruit de succion sonore à chaque pas, de la terre élastique vole au-dessus des genoux, déforme ce que la terre meuble encore fraîche du matin capture du reflet de l’équipage ; lorsque l’angle s’y prête, lorsque nous les observons bien de face depuis le pont comme le fait Isobel en cet instant. Elle n’est pas la seule à le faire : le transport des aérostats depuis Porte de Bercy jusqu’à la lisière de l’ouest tient bonne place dans la liste des récurrences notoirement touristiques. Ça et là, des passants, des journées libres et des enfants, des badauds à chaque pont.

Dans le creuset angulaire de la Seine, nos hommes hâlés maigres oscultent la bonne qualité de l’arnachement, se lancent des regards entendus invisibles depuis l’ombre d’une casquette. Les bottes ? Maculées de vase ; de la boue presque verte, métallique et collante, parfois rouge à force de labourer le fer. Un des hommes, le plus jeune, file s’écarter du cortège, amarre à la main, monte les escaliers […]

Oh, mais, pourquoi couper ? Pourquoi si peu ? Pourquoi se contenter d'un avant-goût, hein, pourquoi ? Abonnez-vous et recevez à la carte les fragments de ce texte !

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