Alma 3

 — Tu y crois, à tous ces trucs, Alma ?
—Tes équipes en font usage tous les jours, Amaury, ils doivent y croire, eux.
—En es-tu sûre ?
Ils laissent leur incompréhension mutuelle dans l’espace qui les sépare, c’est un autre non-dit. La source peut produire autre chose, toute chose.
—Seulement, nous n’avons pas pris le temps d’en lire le mode d’emploi, dit Alma.
—Il n’y a pas de mode d’emploi.
—On m’a transmis un autre rapport, plus ancien celui-là, ça ne viendra pas du Creatura.
—Si ça t’intéresse tant, laisse-moi la présidence : tu pourras t’y consacrer à plein temps.
—Amaury.
—Je plaisante, Alma, tu le sais.
Elle le regarde sans rien dire.
—Tu le sais, non, répète-t-il, mal à l’aise.
Alma ne parvient pas à déterminer où se situe sa part d’humour, à lui.

 — Je ne vois pas ce qui t’intéresse tant, reprend Amaury alors qu’il ajuste une nouvelle fois son assise (avec la ferme intention de se donner par là plus d’importance). Le cube source, ces choses (aussi nommées "cargo"), qualifie-t-il en montrant une direction au hasard ; on attend de toi la gestion de la cité.
—J’administre la cité.
—J’entends dire que tu consacres beaucoup de temps à des sujets périphériques. Comme la Compagnie des Eaux.
Alma pose à plat ses mains sur la table.
—Méridien a entreposé une véritable brocante dans les sous sols du palais ; il a dû en mettre autant autour de Versailles : as-tu vraiment besoin, continue Amaury, de jouer avec ces babioles.
—Comme ?
—Ta marionnette : l’automate.
—Il est parfaitement autonome.
Amaury pouffe, un son à mi-chemin entre le rire et le mépris : pas à moi, […]

Ce texte n'est disponible qu'au format imprimé. Outre que cela ne ferait certainement pas plaisir à l'éditeur, un texte édité est toujours plus intéressant que la matière brute sortie de la tête de son auteur. Plus propre. Purgée de toute coquille.