E.3

Borvo relève la sangle du cardiotank, souffle, joue de l’épaule sous le poids avant d’abandonner les aphorismes ici avec le vieil asphalte, les herbes cuites de juillet, "des trucs" commente le dataïste vissé à sa remorque. Hé, minot, tu m’aides un peu ? Il tend le second cardiotank à moitié vide (nous l’entendons, les pièces mobiles dénoncent le creux métallique de la citerne), remballe les sacs, le dataïste se concentre penaud sur le bandage — Ça changera rien, coupe le braconnier. On est à deux kilomètres du bourg, tu m’aides.

Ils rejoignent le faux-plat de la départementale où poussent en bosquet les ogives grises (autrefois blanches) des bioréacteurs dont on peut apprécier la texture accidentelle, le grain, cette manière subtile dont leurs bords tranchent la lumière. À bientôt onze heures, l’effet reste subtil malgré la domination évidente des formes sur les épaisseurs d’arbres juchées au zénith des talus.

Oh, mais, pourquoi couper ? Pourquoi si peu ? Pourquoi se contenter d'un avant-goût, hein, pourquoi ? Abonnez-vous et recevez à la carte les fragments de ce texte !

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