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Ils marchent un kilomètre et demie avant de croiser l’ironie des panneaux dressés en entrée de commune où file parallèle, à deux mètres de la route, le chemin terre emprunté par tous les braconniers du coin où s’affiche la belle chimère d’une entente entre cliniques bon marché et affiliation de masse.

On croise aussi le retraité Gasoil gardé par le chien Dunlop, tous deux séchés par la malnutrition ; vivaient de petits boulots pour la municipalité quand ils ne prenaient pas le soleil (comme maintenant) au milieu d’une vue éclatée de moteur thermique. Gasoil touille par habitude le fond de ses poches en un geste qui fut en son temps un moyen de faire sonner ses bons énergétiques et qui, aujourd’hui, n’est plus qu’un moyen de se rassurer, se savoir encore un peu vivant.

À hauteur des barrières, le dataïste demande : Pourquoi Dunlop ? Et Gasoil, c’est son vrai nom ? Borvo montre pour réponse le lettrage bien visible au front de l’ancien garage.

Oh, mais, pourquoi couper ? Pourquoi si peu ? Pourquoi se contenter d'un avant-goût, hein, pourquoi ? Abonnez-vous et recevez à la carte les fragments de ce texte !

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