Cardiotanks

C.1

Du code, Borvo fait pousser des organes de rechange revendus au marché noir à son propriétaire légitime : reins, foies, poumons et des quantités effroyables de peau, de muscles utilisés par la médecine précaire, de l’os pour les cancéreux et les fortunes âgées, de la cornée ou de la souche à destination d’une chir’ de campagne si dangereuse qu’on ne la trouve pratiquée qu’en ville. Ça paie correctement malgré la saturation de l’offre. Mais plus que la culture incorporée, Borvo fait pousser des cœurs. Des cœurs . Des cœurs dont le seul usage sera d’incuber un système immunitaire bricolé à neuf, monté à coups de sources software compilées du code, de signatures crypto et de nanomachines vierges récoltées dans les milieux humides. Cette fameuse immune braconnée au petit jour sur les rives conquises par l’eau d’aval.

Ce n’est que dans le cœur que les nanomachines immunitaires acceptent de se développer. Et seulement dans le cœur. Dans le cœur, elles développent des clés de chiffrement à l’image du code génétique de la chair. Le premier indissociable du second.

Ah, ils nous ont bien baisés, lâche Le Petit — À l’époque, ils ont dû se dire que c’était une solution idéale (Le Petit est bien sûr dans la confidence). — Sont cons — Tout n’arrive pas le même jour, je vais pas me plaindre, confie Borvo.
Qui, du consortium feutrés au chaud du verre des tours aurait imaginé que, circa contemporain, un développeur oublierait un code review, négligerait une couverture de test ("oh, c’est bon, on s’en fout") pousserait en production du […]

Oh, mais, pourquoi couper ? Pourquoi si peu ? Pourquoi se contenter d'un avant-goût, hein, pourquoi ? Abonnez-vous et recevez à la carte les fragments de ce texte !

S'abonner