Asystolie

A.1

Il faut une heure et quatre-vingt kilomètres à Borvo pour rejoindre la veine du cordon humanitaire.

Le flux humain perd son visage sous un couvercle sans Lune, on y parle peu, on y chuchote, on y souffle sous le col des vêtements de pluie (et la pluie y perle bien ronde), la masse pousse essentiellement d’Est en Ouest vers les anciens ports industriels comme le Havre, les files sont réduites pour ceux qui comme Borvo tentent de rejoindre la capitale. Les chevaux renâclent dans la promiscuité et se plaignent contre les brides claquées aux ténèbres lorsque, hors secteur, on en déroute une partie vers les capillaires provinciaux tandis qu’un autre cortège mieux zoné pénètre le couloir cent mètres plus loin, la nuit se rythme au fer des sabots. À chaque kilomètre, passer les fourches gazeuses des protections sanitaires. Tous les cinquante, un checkpoint Frontex. Les files sentent la sueur malgré les averses, sentent les aérosols extraits des humus, sentent aussi les huiles mécaniques fuyant des mobilités artificielles, parfois […]

Oh, mais, pourquoi couper ? Pourquoi si peu ? Pourquoi se contenter d'un avant-goût, hein, pourquoi ? Abonnez-vous et recevez à la carte les fragments de ce texte !

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