La porte dérobée

Personne ne vient l’interrompre dans l’examination des couloirs : il arpente une série de corridors monotones, linéaires, sans autres embranchements que des coudes fortuits, des escaliers, d’autres portes "accès réservé au personnel", des murs où éclot en linéales le nom répété de Penrose-Origami. Il passe sa main naturellement à la surface du béton humeur charbon quand il saute une section ou qu’il passe un segment — C’est un geste naturel. L’autre main serre l’amorce. Ses côtes lui font encore sentir l’à-coup du crash. L’éclairage, lui, utilitaire, laisse fuir l’éclat nécessaire à un aspect stérile ; rien d’intéressant. Notre personnage zappe des pans entiers de la structure, mais il n’en retient ce qu’il considère comme un bon résumé : le charbon, l’aspect clinique, les autorisations — Les digicodes ne lui résistent pas — ou bien encore le bourdonnement incessant, lointain mais permanent, qui sourde au-travers des murs : il y a une machine, là, derrière, pense-t-il à raison, mais dont l’usage ou l’envergure lui échappent.

À une quinzaine de mètres, une dernière porte au bout d’un dernier couloir indique "Sortie" : elle s’ouvre dans le claquement brutal des portes coupe-feu et le carré de lumière cinégénique que ce genre de coup-de-théâtre requiert : une silhouette corpulente perce en négatif, braque en direction de notre personnage ce que nous ne saurions prendre pour autre chose qu’une arme, commente dans la même seconde "j’ai / j’ai un visuel"/ Instant qui n’est ensuite suivi de rien car la scène est happée dans un élan volontaire — Il ne pourra descendre plus profondément dans le labyrinthe, […]

Oh, mais, pourquoi couper ? Pourquoi si peu ? Pourquoi se contenter d'un avant-goût, hein, pourquoi ? Abonnez-vous et recevez à la carte les fragments de ce texte !

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