Dernier mouvement, reprise

Avant. Nous parlons de quelques heures avant le cataclysme, où le seul tonnerre connu appartenait aux canons hachant la garde républicaine — bien droits sur les quais, de biais sur Hôtel de Ville, la pierre éclate autour de Concorde et l’assemblée ; les angles des boulevards finissent rabotés à l’obus de cinquante-cinq, le bitume broyé à la chenille, des hommes en armes échangent leurs courtes rafales au-dessus des jardins de l’Élysée, des loyalistes se font renverser sous le feu. Une grenade au phosphore tirée depuis le haut de la rue Monge lobe les grands zincs et plonge dans le plein d’un ballon hydrocollecteur, l’ouvre instantanément d’un parapluie de combustion blanche / tout s’éclaire / l’aérostat en flammes s’abîme à demi vaporisé rue des Écoles. L’air est bien différent, la brise est réelle, on sent bien ces griffes de sable, oui, mais avec ce qu’il se passe, personne ne le remarque.

Par panique ou simple innocence, personne ne questionne non plus ces bunkers venus fleurir en plein Lutecia sur des terrains hier encore en travaux — Ne devait-il pas y avoir un hydrocollecteur, ici, demande Isobel à une personne qui l’ignore (elle connaît pertinemment la réponse). Des phalangistes encadrent l’entrée vers laquelle d’autres endiguent la foule — Combien sont-ils ? Trois cents ? Cinq cents ? Mille ? On distribue des appels au calme sous le démenti des culasses, on essaie de sourire sous les nuages nascents, rien ne paraît familier : cette ville dont ils connaissent le nom et retrouvent l’intitulé des rues n’est pas la leur, une drôle de fiction mal fichue, un mélange de tout dont l’unique futur possible s’échappe par l’ouverture noire d’un abri improvisé. Cette histoire, c’était délibéré, réalise Isobel — Et soudain, tout se cristallise : les […]

Oh, mais, pourquoi couper ? Pourquoi si peu ? Pourquoi se contenter d'un avant-goût, hein, pourquoi ? Abonnez-vous et recevez à la carte les fragments de ce texte !

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