L’évacuation

Les réactions les plus représentatives s’observent en salles de restaurant au moment où est donné l’ordre d’évacuer. Les établissements conservant une radio derrière le zinc ou en cuisine ; ceux-là bénéficient de la primeur d’information et vivent en premier la bascule d’un état de paix à un état de guerre. Quoi ? T’as bien entendu ? — C’est un canular — J’ai entendu comme un coup de canon, tout à l’heure — On évacue ou on se calfeutre ? — Je comprends pas : moi, j’ai entendu que c’était une catastrophe naturelle, une tempête — Les tempêtes n’existent pas, mec — Toi, t’as pas mis le nez dehors. Vous avez senti ? — Moi, j’ai vu du sable tomber du ciel, genre léger, mais y’en a un peu partout.

Des clients qui ne se connaissaient pas il y a encore dix minutes se parlent, se confieraient maintenant volontiers à ces cœurs ouverts spontanément par l’inquiétude. Des débats naissent comme : doit-on évacuer, alors ? Ou : est-ce un avis de tempête ou un putsch ? Nous avons entendu le bitume craquer sous […]

Oh, mais, pourquoi couper ? Pourquoi si peu ? Pourquoi se contenter d'un avant-goût, hein, pourquoi ? Abonnez-vous et recevez à la carte les fragments de ce texte !

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